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[Épisode 12] Hajja Hamdaouia : la voix indocile de la aïta marocaine
À propos de cet épisode
Certaines voix traversent les générations.
D’autres deviennent des territoires de mémoire.
Dans ce nouvel épisode de Citiscape, CitizOn raconte l’histoire exceptionnelle de Hajja Hamdaouia, immense figure de la aïta et du chaâbi marocain, née dans les ruelles populaires de Derb Sultan à Casablanca et devenue l’une des artistes les plus emblématiques du Maroc contemporain.
Mais derrière les refrains repris dans les mariages, les taxis ou les fêtes populaires, se cache une trajectoire bien plus politique, complexe et audacieuse qu’on ne l’imagine.
Car avant d’être célébrée comme une légende nationale, Hajja Hamdaouia fut une artiste marginalisée, surveillée et parfois censurée. Dans le Maroc du Protectorat, chanter n’est jamais neutre. La aïta porte en elle des récits de désir, de colère, d’humiliation et de résistance. Et certaines chansons de Lhamdaouia dérangent le pouvoir colonial autant qu’elles fascinent le public populaire.
De Casablanca à Paris, des cabarets enfumés aux grandes scènes internationales, cet épisode retrace l’ascension fulgurante d’une femme qui aura transformé un genre musical longtemps méprisé en patrimoine national vivant. Une artiste qui modernise la aïta sans jamais la trahir. Qui impose une présence féminine forte dans un univers dominé par les hommes. Et qui réussit, malgré les années d’oubli et la précarité, un retour spectaculaire dans les années 2000 devant une nouvelle génération fascinée par sa liberté et son énergie.
À travers un récit sonore immersif, Citiscape explore aussi l’histoire culturelle du Casablanca populaire : Derb Sultan, les cabarets mythiques comme le Coq d’Or ou le Sijilmassa, l’âge d’or de la radio marocaine, les transformations sociales du Maroc indépendant et l’évolution du regard porté sur les cheikhates et les musiques populaires.
Cet épisode est autant le portrait d’une artiste que celui d’un pays entier.
Un Maroc qui danse, résiste, juge, oublie… puis réhabilite ses propres voix. Et au centre de tout cela : une femme debout, un bendir à la main, face à son public.
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